Le voilier de course Malizia II s’élancera prochainement dans une traversée de l’Atlantique, avec à son bord Greta Thunberg, son père Svante Thunberg, le cinéaste Nathan Grossman, le fondateur de l’équipe Malizia Pierre Casiraghi et le skipper Boris Herrmann. A quelques jours du départ, Boris & Pierre répondent aux nombreuses questions qui leur ont été adressées sur les conditions de cette traversée.

 

Comment l’équipe Malizia est-elle engagée dans la protection de l’environnement ?

L’équipe Malizia, à travers son programme le Malizia Ocean Challenge, travaille sur trois axes principaux : la voile, la science et l’éducation. Pendant tous nos voyages et nos courses à la voile, nous essayons de contribuer activement à la recherche océanique et notamment sur l’impact du changement climatique sur les environnements marins en mesurant la teneur en CO2 de l’océan et d’autres données sur la surface de la mer avec notre laboratoire à bord. Nous publions les données recueillies et leurs résultats qui sont mis à la disposition du public et des scientifiques.
Dans ce contexte, nous élaborons un vaste programme éducatif bien structuré qui engage des milliers d’écoliers chaque année et qui attire l’attention sur l’importance de la protection de l’environnement et des océans, l’impact du dioxyde de carbone dans l’atmosphère et les océans du monde entier. L’équipe Malizia a récemment décidé de rejoindre l’initiative de l’ONU « Sports for Climate Action » prouvant une fois de plus l’engagement profond de l’équipe en matière de responsabilité environnementale, de réduction de l’impact climatique et de protection active du climat. Enfin, nous recyclons nos voiles usagées, nous évitons d’utiliser des produits plastiques et nous menons notre campagne sans utiliser de papier. Nous avons lancé une évaluation de l’empreinte carbone de notre équipe, qui est en cours de vérification et qui sera publiée par la suite.

 

L’équipe Malizia va-t-elle utiliser le moteur du bateau pendant la traversée ?
Malizia II doit embarquer à son bord un moteur thermique d’urgence pour des raisons de sécurité et conformément à la règle de la classe IMOCA 2019 (V.1.1, numéro C.6.1 (a)) : « Un moteur[…] doit être installé en permanence, fixé en permanence au bateau et non déplacé ». Il s’agit d’une mesure de sécurité prescrite par l’Association internationale des monocoques Open de 50 et 60 pieds (IMOCA). En temps normal, durant la saison, nous limitons l’usage du moteur et l’utilisons seulement pour enter ou sortir d’un port et s’amarrer en toute sécurité.
Maintenant, pour cette traversée transatlantique de Greta, le moteur ne sera pas utilisé du tout afin d’être cohérent avec le message de Greta et celui de l’équipe de Malizia sur la durabilité et la protection de l’environnement. Pour ce faire, le moteur sera officiellement scellé avant le départ. Bien que le moteur restera éteint, il restera toutefois opérationnel et prêt à l’emploi en cas de situation d’urgence, dans le respect de la règle de classe IMOCA. La sécurité de l’équipage et du bateau demeure toujours une priorité pour nous.

 

 

 

Malizia II sera-t-il accompagné d’autres bateaux d’assistance pendant la traversée ?
Aucun bateau d’assistance ne nous accompagnera pendant la traversée. Au départ et à l’arrivée, nous aurons l’assistance de tenders Torqeedo, propulsés par moteurs électriques pour nous aider pendant les manœuvres d’amarrage ainsi que pour remorquer Malizia à son entrée et à sa sortie du port.La vitesse de croisière de Malizia est bien au-dessus de 16 noeuds, la distance entre le Royaume-Uni et New York est de plus de 3.000 milles nautiques. Nous naviguerons sans escale pendant deux semaines dans la zone maritime de l’Océan Atlantique Nord, ce qui rend très difficile, voire impossible pour un navire à propulsion électrique, de voyager avec nous.

 

Comment l’électricité nécessaire pour faire fonctionner tous les systèmes du bateau est-elle produite ?
Malizia est équipée d’un système solaire de pointe de 1,3 kW (voir ici pour plus d’informations) et en outre de deux hydro-générateurs, qui sont installés en permanence sur l’arrière du bateau et qui ont été spécialement conçus pour les voiliers de course IMOCA 60’. Avec ces deux systèmes indépendants, nous produisons plus d’électricité que nous n’en avons réellement besoin à bord. Les deux sources d’énergie permettent de faire fonctionner en continu tous les systèmes et l’électronique à bord – instruments de navigation, pilotes automatiques, dessalinisateur ainsi que notre laboratoire océanique SubCtech. Donc, nous devrions être en mesure traverser l’Atlantique sans aucune émission.

 

Le Team Malizia a-t-elle reçu un soutien financier notamment pour prendre Greta à bord ?
L’équipe Malizia n’a reçu aucun financement supplémentaire pour effectuer la traversée transatlantique et nous n’avons pas demandé à Greta, y compris ni à son équipe, de payer pour cela. Nous avons décidé d’offrir nos services de navigation du Royaume-Uni à New York sans utiliser de combustibles fossiles et de consacrer notre temps et notre attention à ce voyage transatlantique. Nous soutenons pleinement la cause et le message de Greta. Le Team Malizia est une équipe relativement petite avec 5 à 8 professionnels, travaillant à temps plein sur différentes périodes de course et nous avons l’un des plus petits budgets dans la classe IMOCA. En outre, il convient de noter que l’équipe Malizia loue le bateau, enregistré en Allemagne, sous le nom de Malizia II, un IMOCA 60, qui a été acheté d’occasion par un armateur allemand de retour en 2016. Le bateau a été construit en 2015 par Multiplast à Vannes / France.

 

La traversée transatlantique sera-t-elle vraiment zéro-émission carbone, étant donné que Greta naviguera sur un voilier de 60 pieds en fibre de carbone ?
Le magazine spécialisé français Voiles et Voiliers a récemment interrogé les responsables du chantier naval Multiplast et ceux de CDK Technologies sur l’impact environnemental de la construction d’un IMOCA 60. Pour construire ce type de bateau de course, 3 tonnes de fibre de carbone, des moules pour la coque et le pont, un certain nombre de matériaux de construction et diverses résines (cuites à 120 degrés pendant le processus de construction) sont nécessaires. Les deux chantiers navals sont bien conscients de l’impact environnemental qui en résulte et notamment pendant la construction du bateau. Ils attachent donc une grande importance au processus de construction durable : les moules sont construits avec de la fibre de carbone sèche recyclée et sont réutilisés pour la construction des coques et des ponts de plusieurs nouveaux bateaux – pas seulement un, les déchets en fibre de carbone sont transformés en poudre et réutilisés dans les résines pour la construction ultérieure, toutes sortes de matériaux de construction sont recyclés et réutilisés sur de nouveaux bateaux, en plus de poursuivre continuellement le développement durable dans le domaine de la construction navale, notamment l’utilisation de fibres naturelles. En fin de compte, une fois construit, un IMOCA se propulse à l’aide du vent, réduisant son empreinte carbone à chaque mille parcouru.

 

Des aménagements spécifiques ont-ils été réalisés à bord de Malizia II pour ce prochain voyage transatlantique ?
L’intérieur de Malizia est très dépouillé et entièrement optimisé pour les courses au large à grande vitesse. Cela implique le maintien du poids du bateau et de tout son équipement au minimum. Nous n’avons fait aucune modification majeure en vue du voyage à New York, sauf pour l’installation de rideaux en face de la couchette ainsi que l’ajout de matelas confortables pour mieux dormir. Notez qu’il n’y a pas de toilettes, ni de douche fixe, ou encore d’installations de cuisson et encore moins de vrai lit. L’intérieur du bateau se caractérise par le manque de confort. Greta et son équipe sont pleinement conscients des conditions de vie à bord auxquelles elles seront confrontées.

 

Dans quelle mesure la traversée de l’Atlantique avec l’équipe Malizia est-elle sûre ?
Tout d’abord, Malizia sera skippé par le fondateur de l’équipe et navigateur expérimenté Pierre Casiraghi avec un professionnel de renommée internationale Boris Herrmann, qui a déjà navigué autour du monde à trois reprises et a achevé d’innombrables traversées transatlantiques, y compris les passages d’entraînement ainsi que les courses de transat à bord de Malizia. Pendant tout le temps de la traversée avec Greta et l’équipage, nous aurons à terre quelques-unes des équipes d’assistance les plus expérimentées et les mieux préparées qui accompagneront et surveilleront le voyage 24 heures sur 24 depuis la terre ferme. Toutes les personnes et les équipes impliquées dans le voyage ont planifié la traversée pendant de nombreux mois avec le plus grand soin et attention. Malizia est un bateau de course entièrement équipé, parfaitement entretenu, sûr et fiable, qui est officiellement enregistré dans la classe IMOCA et fonctionne par conséquent conformément aux règles strictes de cette classe. Plus tôt cette saison, le bateau a réalisé des tests rigoureux et approfondis de toute sa structure, son gréement, et ses appendices en plus des composants à bord, comme le prescrit les directives de la classe.

 

 

À quoi ressembleront les repas de Greta à bord ?
Greta se verra proposer un choix de repas végétaliens, lyophilisés et emballés sous vide sur le bateau, qui peuvent être préparés dans toutes les conditions météorologiques avec un minimum d’effort et une utilisation minimale de l’énergie.

 

Pourrons-nous suivre le voyage de Malizia et de Greta ?
Oui, vous serez en mesure de suivre le voyage en direct de nos deux sites Web, grâce à un tracker, qui vous donnera beaucoup d’autres informations le long de notre route.
www.borisherrmannracing.com
www.team-malizia.com