9e Vendée Globe

Jeudi 3 décembre. « L’important, c’est de terminer la course » disait le skipper allemand peu avant le départ. La déclaration prend tout son sens en cette quatrième semaine de navigation où les épreuves et les avaries viennent décimer une flotte dont une bonne partie est désormais regroupée dans les 40es Rugissants.

Après l’abandon d’Alex Thomson (Hugo Boss), grand favori de cette 9e édition, les concurrents continuent de subir les problèmes. Kevin Escoffier (PRB), Sébastien Simon (Arkea Paprec) ou encore Samantha Davies (Initiative Cœur) ont dû encaisser les avaries. Dans cette avalanche de péripéties, certains skippers assurent une navigation propre à l’image de Boris Herrmann (Seaexplorer-Yacht Club de Monaco), qui a passé hier matin le cap Bonne-Espérance, le premier point de passage obligatoire de ce tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance.

Jeu d’équilibriste

Alors que Charlie Dalin (Apivia) caracole en tête, Boris Herrmann (Seaexplorer-Yacht Club de Monaco) pointe à la 7e place jeudi à la mi-journée dans un peloton dense de poursuivants. « Les conditions sont assez difficiles, c’est un challenge » expliquait-il lors d’une vacation organisée ce jour avec le Yacht Club de Monaco. « J’ai un problème avec mon J2 (voile d’avant principale) donc là, je navigue soit avec une voile trop grande, soit une voile trop petite. Il faut que j’attende une accalmie pour régler le problème. »

Le skipper aujourd’hui navigue assez nord. « Je dessine ma route en fonction de mes capacités et la météo annoncée. Si je borde trop et que je lofe, je surfe à près de 30 nœuds donc je dois ralentir le rythme pour préserver le bateau. C’est un équilibre délicat à trouver. J’utilise 80% du potentiel du bateau. », avoue Boris, marqué comme tous les concurrents par la mésaventure de Kevin Escoffier (PRB).

« J’ai partagé mon ressenti et évacué mes émotions en discutant avec mes proches » racontait Boris, « cela m’a aidé à digérer tout cela. On réalise à quel point cette course est vraiment dangereuse et que sur ce coup-là, on est passé à deux doigts de la catastrophe ».

Hier, mercredi matin, c’est au tour de Sébastien Simon (Arkea Paprec) de heurter un OFNI, occasionnant des dégâts importants sur le foil tribord. En fin de journée, la britannique Samantha Davies (Initiative Cœur) subit le même incident. Tous deux ont depuis réduit leur vitesse et mis leur course entre parenthèse.

Les concurrents sont désormais dans les 40es Rugissants qui font honneur à leur nom puisqu’ils vont devoir composer avec une succession de dépressions pour les dix jours à venir.

Le point hebdomadaire du Vendée Globe

« J’avais un regard très clinique et je ne mettais pas d’affect lorsque j’étais amené à gérer des situations compliquées. Mais je l’ai toujours fait en équipe. C’est la chaîne de compétences de l’ensemble des personnes concernées qui permet de résoudre une situation. Dans le cas de Kevin, fort heureusement, nous avons eu affaire à deux marins très solides. J’étais totalement éberlué par ce qui s’est passé. C’est du jamais vu ». Des situations de crise bien connues de Denis Horeau, à la tête du Vendée Globe en 1989, 2004, 2008 et 2012 et présent par ZOOM lors du point sur la course, organisé par le Yacht Club de Monaco, chaque mercredi après-midi, à 17h00.

Cartes météos, placement dans la flotte, phénomènes rencontrés, vie à bord (…) et bien sûr, suivi de la progression de Boris Herrmann (Seaexplorer-Yacht Club de Monaco) composent le programme.

La semaine prochaine, ce sera au tour de Sébastien Josse de prendre la parole à distance. Le marin connait bien le Vendée Globe pour s’y être aligné à trois reprises. En 2016, il avait pris le départ à bord de Mono 60 Edmond de Rothschild devenu depuis… Seaexplorer-Yacht Club de Monaco.