Vendée Globe 2020

 

Alors que le village de la 9e édition du Vendée Globe a ouvert ses portes aux Sables-d’Olonne, les 33 skippers qualifiés de la flotte IMOCA sont dans la dernière ligne droite des préparatifs avant de prendre le départ le dimanche 8 novembre. Un record de participation pour cette course autour du monde, en solitaire, sans escale et sans assistance, organisée tous les quatre ans depuis 1989. Parmi eux, Boris Herrmann, le premier marin allemand dans l’histoire de cette épreuve, qui naviguera sous les couleurs du Yacht Club de Monaco. C’est aux côtés « virtuellement » de Pierre Casiraghi, vice-président du Yacht Club de Monaco, à l’initiative de la création du Team Malizia, que Boris a tenu ce jour un point presse en distanciel.

 

 

Un rêve devenu réalité…

« Le Vendée Globe constitue un rêve, et l’Everest dans toute carrière de coureur au large » explique Boris Herrmann, âgé de 39 ans, qui sillonne les océans depuis près de 20 ans. « Mes parents m’ont emmené en mer, le long des côtes allemandes, j’avais 6 semaines. Enfant, le Vendée Globe m’a fasciné quand j’avais 16 ans. Bernard Moitessier, Eric Tabarly…, je dévorais tous les livres dédiés à ces grands marins de l’extrême, véritables aventuriers, y compris ceux de Bernard Stamm avec qui j’ai eu le plaisir et le privilège de naviguer à bord d‘IDEC SPORT. Le Vendée Globe est un phare dans ma vie qui m’attire depuis toujours », commente celui qui a fait trois fois le tour de la planète, mais jamais en solitaire et sans escale.

Après avoir fait ses armes sur la Mini Transat, puis remporté la Global Ocean Race 2008-2009, tour du monde en double (Class 40), il a enchainé les performances en IMOCA : 3e de la Fastnet Race 2017 (avec Pierre Casiraghi), 4e de la Transat Jacques Vabre 2017 (avec Thomas Ruyant) et 5e de la Route du Rhum 2018.

Un objectif qui a pu se concrétiser grâce à l’impulsion donnée par Pierre Casiraghi, qui a fondé la Team Malizia en 2016 : « Participer au Vendée Globe est l’objectif le plus élevé que nous pouvions nous fixer. Cela paraissait tellement fou, inatteignable… La Team Malizia a fait un travail fantastique. Quelle satisfaction d’avoir tenu notre engagement, d’être prêt pour le départ, avec un bateau qui bat pavillon du Yacht Club de Monaco et qui représente la Principauté de Monaco. » a déclaré celui qui « pour rien ne monde ne manquerais le départ » depuis les Sables-d’Olonne pour soutenir son ami.

 

 

Des ambitions affirmées

C’est sur Seaexplorer-Yacht Club de Monaco, l’ancien Gitana, plan VPLP-Verdier à foils, que Boris Herrmann va prendre le départ de son premier Vendée Globe. Un monocoque de 18 mètres, optimisé avec des foils de dernière génération, qu’il a appris à apprivoiser, ayant parcouru le plus de milles (55.000 milles nautiques, l’équivalent de 9 transats) tout au long de sa préparation.

« C’est un bateau très rapide et fiable, mais surtout équipé de panneaux solaires et de générateurs hydroélectriques pour ne pas utiliser de combustibles fossiles », précise Boris, qui avoue « se sentir en forme, bien préparé et quelque peu soulagé de retrouver bientôt la mer ». Même s’il a conscience que « sur le Vendée Globe, tout peut arriver… La course existe depuis 30 ans et il ne faut surtout pas sous-estimer la signification de l’adage « finir la course » en conditions de régate. Lors des 9 dernières éditions, sur les 116 skippeurs à avoir pris le départ, seulement 67 l’ont terminé », Boris espère bien se classer dans le top 10 de la flotte. Ce serait une belle performance face à un plateau très relevé, avec de sérieux prétendants, tels que Jérémie Beyou (Charal), Charlie Dalin (Apivia), Thomas Ruyant (LinkedOut), sans oublier le Britannique Alex Thomson (Hugo Boss), grand favori.

 

Record à battre

L’édition 2020 du Vendée Globe sera à n’en pas douter celle de tous les records, tant l’arrivée des foils dernière génération a révolutionné le monde de la voile. Pour cette 9e édition, les candidats au titre ne manquent pas mais une chose reste certaine : le record de Michel Desjoyeaux, seul skipper à avoir remporté deux fois la célèbre course au large, ne sera pas égalé, car aucun des candidats au titre n’a encore remporté cette course mythique.

Reste à savoir si le record de 74 jours, 3 heures, 35 minutes et 46 secondes, établi par Armel Le Cléac’h en 2016-2017 sera pulvérisé…

 

 

Une course qui permettra de récolter des données contre le réchauffement climatique

 

Amoureux de la mer et de son environnement, membre de la Commission Océanique Intergouvernementale de l’UNESCO, Boris n’envisage pas ses défis sportifs sans un engagement concret pour la protection des océans. Un engagement qu’il partage avec Pierre Casiraghi, co-fondateur du Projet Malizia Ocean Challenge, combinant la voile, la science et l’éducation.

Disposant d’un laboratoire automatisé, embarqué à bord, mesurant des données océanographiques, la température de la mer, la salinité, le pH et le CO2, Boris effectuera automatiquement des relevés d’échantillons d’eau dans les zones océaniques les plus reculées et les transmettra aux scientifiques des programmes de l’Institut Max Planck à Hambourg, Géomar, Kiel et l’Ifremer à Brest.

« Au-delà du sport, la team Malizia II, c’est aussi une certaine « philosophie de la mer », notamment en termes d’engagement environnemental. Une cause à laquelle j’ai toujours été très sensible. Cela compte beaucoup. Il est essentiel de sensibiliser les gens autant que possible et notamment les enfants qui sont notre avenir » déclare Pierre Casiraghi, qui a souhaité que la team Malizia lance également un programme éducatif, disponible en sept langues, afin d’impliquer les enfants du monde entier sur le changement climatique et l’océan, avec le soutien de la Fondation Prince Albert II et de Kuehne + Nagel. À noter qu’une rencontre avec Boris en ligne et en français, dédiée aux enfants sera organisée le mercredi 4 novembre 2020 à 11h00.

Rendez-vous le dimanche 8 novembre prochain à 13h02 pour le départ.